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Coface : 60 % des entreprises n’ont pas de cadre formalisé pour l’IA
Baromètre Coface 2026 : 60 % des entreprises n’ont pas de cadre formalisé pour l’IA. Leurs données gagnent en maturité plus vite que l’encadrement de l’IA.
L’essentiel
- Coface publie le 5 octobre son Baromètre Data & IA 2026, mené avec Les Echos Études auprès de 900 décideurs.
- 60 % des entreprises n’ont pas de cadre formalisé pour l’IA et 17 % seulement ont défini, formalisé et communiqué une politique, alors que 67 % jugent leurs données fiables.
- Résultats déclaratifs, sans période d’enquête publiée ; l’étude complète se télécharge contre un formulaire.
Ce que mesure le baromètre de Coface
Lundi 5 octobre 2026, l’assureur-crédit Coface publie la troisième édition de son Baromètre Data & IA, réalisé avec Les Echos Études auprès de 900 décideurs. Le constat de Coface : les usages de l’IA progressent, la gouvernance reste à la traîne.
Le chiffre du titre additionne deux groupes. 35 % des entreprises n’ont aucun dispositif pour encadrer l’IA et ne prévoient pas d’en créer. Un quart de plus réfléchit au sujet, sans avoir encore écrit de règles. En face, seules 17 % ont défini, formalisé et communiqué une politique à leurs collaborateurs.
| Où en est l’encadrement de l’IA | Part des entreprises |
|---|---|
| Aucun dispositif, et rien de prévu | 35 % |
| Réflexion en cours, sans règles écrites | Un quart |
| Total sans cadre formalisé | 60 % |
| Politique définie, formalisée et communiquée | 17 % |
Des données plus fiables, une IA encore peu maîtrisée
Selon Coface, « la donnée gagne en maturité plus vite que les organisations ne structurent leurs usages de l’IA ».
- Les données progressent. 67 % des décideurs les jugent fiables et pertinentes, contre 49 % en 2025.
- Mais elles circulent mal. 58 % seulement les estiment bien intégrées dans leurs outils métiers, et 51 % harmonisées entre services ou filiales.
- L’IA reste peu maîtrisée. 17 % des entreprises se disent avancées ou très avancées dans l’usage de l’IA pour piloter les risques. 56 % se jugent peu ou pas avancées, et 28 % n’ont aucun usage structuré.
- La taille creuse l’écart. Au-delà de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, les entreprises sont près de trois fois plus nombreuses à se dire avancées que sous 10 millions.
Ce qui freine ? D’abord la sécurité des données et la conformité réglementaire (41 %), puis le manque de maturité interne (31 %) et la confiance dans les analyses produites par l’IA (30 %). Les attentes sont concrètes : des synthèses claires et directement exploitables (48 %), des indicateurs fiables et à jour en temps réel (42 %).
Ce que disent les chiffres publics
Les chiffres publics vont dans le même sens : l’usage de l’IA grimpe avec la taille de l’entreprise. D’après l’Insee, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023. La moyenne européenne est de 20 % selon Eurostat.
| Taille de l’entreprise | Usage de l’IA en 2023 | En 2025 |
|---|---|---|
| 10 à 49 salariés | 5 % | 15 % |
| 50 à 249 salariés | 10 % | 31 % |
| 250 salariés ou plus | 21 % | 58 % |
| Ensemble | 6 % | 18 % |
Ce que ça change pour toi
Si ton entreprise fait partie des 60 %, tes collègues utilisent peut-être déjà l’IA chacun à sa façon. Le risque : un contrat ou un fichier client collé dans un service grand public.
Et c’est l’entreprise qui en répond : la CNIL rappelle qu’en général, l’organisme utilisateur engage sa responsabilité légale quand son personnel utilise mal l’IA.
Le premier frein cité est la sécurité des données et la conformité réglementaire (41 %). Une page d’usage est un premier pas : ce qui est permis, ce qui est interdit, quelles données ne sortent jamais. Les petites entreprises (moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires), les moins avancées selon Coface, ont un retard à combler.
Coface le dit : le prochain cap n’est pas simplement technologique. Former les équipes compte autant que choisir l’outil (lire notre article sur l’Anthropic Academy).
La nuance à garder
Un baromètre déclaratif. Les entreprises disent elles-mêmes si elles sont avancées. Rien ne mesure leurs usages réels.
Une méthode peu détaillée. La page publique ne donne ni la période de l’enquête, ni la répartition des 900 décideurs par secteur ou par taille.
Deux « 17 % » différents. L’un compte les politiques définies, formalisées et communiquées, l’autre les entreprises qui se disent avancées dans l’usage de l’IA pour piloter les risques.
Un auteur intéressé. Coface vend aussi des outils d’information sur les entreprises, mis en avant sur la même page. Et ses chiffres ne se comparent pas directement à ceux de l’Insee, qui interroge environ 11 000 entreprises.
À tester
Une charte d’usage de l’IA en une page.
D’après les recommandations de la CNIL, sur le déploiement d’une IA générative et dans ses questions-réponses, voici une version courte adaptée en cinq étapes :
- Pars des besoins Liste les tâches où l’IA sert déjà, et avec quels outils.
- Trie les usages Écris ce qui est autorisé et ce qui est interdit.
- Protège les données Données personnelles et informations confidentielles ne vont pas dans un outil grand public.
- Désigne des responsables Associe dès le début le délégué à la protection des données, la sécurité et les métiers.
- Forme et écoute Explique la charte, puis recueille l’avis des utilisateurs.
Pour le premier jet, demande à ton assistant d’IA habituel :
Aide-moi à rédiger une charte d’usage de l’IA générative d’une page pour une entreprise de [nombre] salariés dans le secteur [secteur]. Structure-la en cinq parties : usages autorisés, usages interdits, données à ne jamais saisir, outils validés, qui contacter en cas de doute. Donne des exemples concrets tirés de notre métier, sans jargon juridique.
Fais relire le texte par ton délégué à la protection des données avant de le diffuser.
Sources et lectures complémentaires
- IA en entreprise : les usages progressent, la gouvernance reste à la traîne — Coface
- Les technologies de l’information et de la communication dans les entreprises en 2025 — Insee Première n° 2120
- Use of artificial intelligence in enterprises — Eurostat
- Comment déployer une IA générative ? La CNIL apporte de premières précisions — CNIL
- Les questions-réponses de la CNIL sur l’utilisation d’un système d’IA générative — CNIL
Sources vérifiées le 18 octobre 2026. Mis en ligne le 18 octobre 2026.